Le Pays de Corlay d'autrefois


Il semblerait que l'histoire de Bretagne ne peut commencer avant que les Bretons, c'est-à-dire les "indigènes" de la Grande Bretagne, chassés de leur île par la guerre et contraints de chercher un refuge en Gaule, n'aient mis pour la première fois le pied sur notre sol, ce qui n'eut lieu que de 455 à 460 après Jésus-Christ.
Le canton de Corlay fait partie de l'arrondissement de Saint-Brieuc (Bretagne - Côtes d'Armor - Trégor / Goëlo / Argoat....). Le canton de Corlay a été créé en 1790 et modifié en l’an X. Il comprend 5 communes. 


 

centre_bretagne_blason_corlayETYMOLOGIE et HISTOIRE de CORLAY

Corlay vient, semble-t-il, du breton « korr » (nain) et de « lez» (cour).

L'histoire de Corlay gravite autour du Château féodal dont Henri de Corlay posa la première pierre en 1195.

Ruiné au cours des guerres de Cent Ans, ce château fut rebâti de 1475 à 1493 par Jean, Vicompte de Rohan, et démantelé sur ordre d'Henri IV en 1598. Il tomba en ruines. Aujourd'hui, ces ruines restaurées se reflètent dans les eaux paisibles d'un étang.

Corlay est une ancienne paroisse primitive qui englobait jadis, outre le territoire actuel de Corlay, les territoires de Haut-Corlay, Saint-Bihy, Le Bodéo, La Harmoye et Saint-Martin-des-Prés. C'est de l'établissement d'un château, mentionné qu'à partir de 1276, que Corlay tire son origine. On attribue sa construction, en 1195, à Henri, seigneur de Corlay, alors que le lieu appartient à cette époque aux seigneurs de Rohan. Il est d'ailleurs certain que Corlay appartient à la Maison de Rohan dès 1184, puisqu'à cette date, le vicomte de Rohan dispose en faveur de l'abbaye de Bon-Repos du "mons de Corlé" (donation confirmée en 1194). Constance de Bretagne-Penthièvre (soeur du duc Conan IV), fille de Alain Le Noir et de Berthe de Bretagne, apporte en dot de mariage à Alain III de Rohan (vicomte de Rohan de 1170 à 1195) la châtellenie, composée du château et d'une dizaine de paroisses. Vers 1198, le vicomte Alain IV restaure et aménage le château. Ce château est ruiné durant la guerre de Cent ans et reconstruit entre 1475 et 1493.

Corlay (Corlé) est cité dès 1204 dans les chartes de l'abbaye de Bonrepos (Bon-Repos) en Saint-Gelven (Anc. év. VI). En effet, quand, en 1184, le vicomte Alain III fonde l'abbaye de Bonrepos, il attribue aux moines "le mont de Corle et toutes ses appartenances". Corlay est en 1219 le siège d'une juridiction. Il est fait mention en 1246 d'un "sceau de la cour de Corlay" et en 1270 d'une mesure propre (mensura de Corle). Corlay a le titre de villa dès 1249. 

Corlay a le titre de paroisse dès 1276 (parrochia de castro de Corlé ou parrochia de Castro Corlé). Cette paroisse qui existe en fait depuis 1251 (et qui a pour recteur, un certain Rivallon), fait partie au XIIIème siècle du diocèse de Cornouaille puis, semble-t-il, du diocèse de Quimper et s’appelle encore Castrum Corlé en 1368 et Castrum Corlay en 1516 et 1574 (Cartulaire de Quimper). Une charte de 1288 évoque "une place et un courtil enserant à la dite place, en laquelle ledit Segalen maint, size en la ville de Corlé", et, en 1293, on relève dans un autre document le nom de Gaufridus de Corle.

Avant la Révolution, Corlay était le siège d'une subdélégation et ressortissait à Ploërmel. La cure était à l'alternative. Il s'y exerçait, d'après Ogée, trois hautes justices, dont l'une (celle de Corlay) appartenait au prince de Rohan-Guéméné, seigneur de la paroisse. 

Au début de 1790, Corlay élit sa première municipalité et devient chef-lieu d'un canton. En 1795, la ville est occupée par cinq cents chouans. En 1796, les archives de la commune sont incendiées. Par l'ordonnance du 20 mai 1835, la commune de Corlay fait un échange de territoire avec la commune de Saint-Mayeux, lui cédant l'enclave de Kerfaven en contrepartie du village de Kernion.

On rencontre les appellations suivantes : Mons de Corle (en 1184, en 1221), Corle (en 1235, en 1246), Par. de castro de Corle (en 1276), Corle (en 1309, en 1318), Castrum Corle (vers 1330 et en 1368), Castrum Corlay (en 1516, en 1574), Corlay (en 1535-1536). On trouve les formes Castro Corlé (en 1603), Corllé , Corrllay et Corlay (dès 1620).

Note 1 : le 17 juin 1591, le duc de Mercoeur établit ses troupes à Corlay. Le 22 juin 1591, a lieu une escarmouche entre elles et celles du prince de Dombes. Pendant l'été 1592, les Royaux s'emparent de Corlay. Le duc de Mercoeur reprend la ville et le château en novembre de la même année. Le 8 mars 1593, le château de Corlay est repris par les Royaux, commandés par Yves du Liscoët. Dès juin 1594, le château de Corlay est repris par le capitaine Guy Eder La Fontenelle. La Fontenelle capitule le 10 février 1595, suite au siège de Corlay par le capitaine Montmartin (partie du Roi) au début de janvier 1595. La Mouche est alors nommé au commandement du château et y reste jusqu'en 1598. Le 14 novembre 1598, le château de Corlay est pris par une petite troupe, puis repris le lendemain par le sénéchal royal Alain Gouyquet (ou Gouicquet). Repris dans la nuit du 8 au 9 janvier, par une troupe de gens de guerre, il est repris au nom du Roi le 15 janvier 1616 par Alain Gouyquet. Le 6 février 1795, cinq cents chouans établissent leur quartier général à Corlay (Archives des Côtes-d'Armor, Lm 5/82).


 

ETYMOLOGIE et HISTOIRE du HAUT-CORLAY 

Le Haut-Corlay vient du breton « Koz-Korle » (le Vieux-Corlay).

Le Haut-Corlay est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Corlay. Dès 1247, la distinction entre Corlay et Haut-Corlay existe : en effet, un accord passé entre l'abbé de Sainte-Croix de Guingamp et l'évêque de Quimper prévoit que l'abbaye percevra 60 sous de rente sur l'église du "Vieux Corlay".

Sur les listes de bénéfices, d’églises ou de paroisse du diocèse de Quimper de 1368 à 1574, on rencontre à côté de Castrum Colé ou Castrum Corlay (qui est Corlay), les mentions de Vetus Corlé (XIVème siècle) ou Vetus Corlay (XVIème siècle). Vetus Corlay (Vieux Corlay) désigne en fait la paroisse appelée le Haut-Corlay (dès 1644).

Le Haut-Corlay ne faisait jadis pas partie comme Corlay de la châtellenie de Corlay mais de la seigneurie de Quintin (dirigée par la famille La Rivière). Haut-Corlay avait comme paroisse succursale Saint-Bihy et élit sa première municipalité au début de 1790. Le Haut-Corlay dépendait en 1789, de l'évêché de Quimper, de la subdélégation de Corlay et ressortissait au siège royal de Saint-Brieuc. La cure était à l'alternative.

On rencontre les appellations suivantes : Corle (en 1169, en 1170, en 1190), eccl. de Veteri Corle (en 1247), Vetus Corle (vers 1330, en 1368, en 1405), Hault Corle (en 1468, en 1473, en 1480), Hault Corlay (en 1535-1536).


 

ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLUSSULIEN

 

Plussulien vient du breton « ploe » (paroisse) et de « Saint Sulia ou Saint Suliac »

Saint breton honoré tant en Bretagne, qu'au pays de Galles et en Cornwall. Il est semble-t-il originaire d'Armorique et aurait été un des compagnons de saint Cadfan.

Plussulien est une ancienne paroisse primitive qui englobait jadis outre le territoire actuel de Plussulien, ceux de Laniscat, Rosquelfen (aujourd'hui en Laniscat), Saint-Igeaux, Saint-Gelven, Saint-Mayeux, Saint-Gilles-Vieux-Marché et Caurel. 

Plussulien (Plusulian) est cité comme lieu-dit à la fin du XIIème siècle et en 1221 (Mor. Pr. I, 725, 848). C'est en 1161, dans une charte de l'abbaye de Quimperlé qu'on trouve la première mention de Plussulien (Caguallon est alors archidiacre de Plussulien). Certains documents de 1288 mentionnent les villages de Kermenguy, de Kergolen (Kerencollen), de Kelfenec (Kilivenec) et de Kerigan (Quererguen). Ploessulian est mentionné comme paroisse du diocèse de Quimper (évêché de Cornouaille) dès 1289 (Mor., Pr. I, 1084). Dans un acte de l'évêque de Quimper en 1245, Plussulien est surnommé Saint-Julien. Un document de 1321 parle de l'église Saint-Sulian. Certains lieux-dits tels que Le Clandi, Bourgerel, Hellès semblent révéler la présence d'anciennes fortifications et d'une maladrerie.

L'ancienne paroisse de Plussulien dépendait jadis de la subdélégation de Corlay et ressortissait au siège royal de Ploërmel. La cure était à l'alternative.

On rencontre les appellations suivantes : Ploeu Sulian (en 1161), Plusulian (en 1195), Plebs Sulian (en 1235), Santus Julianus (en 1245), Ploesulian (en 1249), Plusulian (en 1288), Par. de Ploessulian (en 1288), Plussulian (en 1289), Plusulian (en 1307), Ploesulyan (vers 1330, en 1368), Par. S. Suliani (en 1392), Ploesulien (en 1426, en 1536, en 1574), Plusullien (en 1685), Plussulien (en 1690).


centre_bretagne_corlay_st_martin_pres_blasonETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-MARTIN-DES-PRES

Saint-Martin-des-Prés vient de Saint-Martin, disciple de saint Gwénolé ou Guénolé (Vème siècle). Saint Martin assista aux obsèques du roi Grallon en 405, et peu de temps après se retira, en compagnie de saint Biabile, non loin du Faou, où ces deux religieux moururent.

Saint-Martin-des-Prés est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Corlay. La paroisse de Saint-Martin (Sancto Martino) est citée en 1245-1246 dans une charte de l’abbaye de Bonrepos ou Bon-Repos (Anc. év. VI, 178). Les villages de Guenbourg et de Kerverbel (Kerbermol) sont donnés en 1217 aux cisterciens qui y établissent "une grange" attestée dans un acte de 1251. 

Sous l'Ancien Régime, Saint-Martin appartenait au diocèse de Quimper et avait pour subdélégation Corlay et ressortissait au siège royal de Quimper. La cure était à l'alternative. Le déterminatif « des-Prés » apparaît dès 1690. Saint-Martin-des-Prés élit sa première municipalité au début de 1790.

On rencontre les appellations suivantes : Par. de Sancto Martino (en 1245, en 1246), Par. S. Martini (en 1251), S. Martinus (vers 1330, en 1368), Saint-Martin (en 1444), Sainct Martin (en 1535-1536), Saint Martin des Bois (en 1663), Saint Martin des Prés (en 1690).

Saint-Martin-des-Prés est connu dès 1225 pour ses Trois Foires en la Porte-aux-Moines (les foires de Quenestevoy).


ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-MAYEUX

Saint-Mayeux vient d' Yves Mayeuc (évêque du diocèse de Rennes de 1507 à 1541) ou de saint Mayeux (en vieux-breton, Maeoc ou Meoc vers 540). C'est à Coëtmieux que saint Mayeux est mort et qu'il aurait été enterré.

Saint-Mayeux est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plussulien. C'est en 1245, dans un acte de l'évêque de Quimper en faveur de l'abbaye du Bonrepos que la paroisse de Saint-Mayeux est citée pour la première fois. 

Le bourg de Saint-Mayeux est désigné sous le nom de "villa Sancti Maioci" dans un acte de 1286 où Eudon, fils de Mathieu de Guernigo, vend à Josselin de Rohan les droits qu'il y possède. Saint-Mayeux est également cité comme paroisse du diocèse de Quimper (parrochia de Sancto Maioco) en 1285 (Mor., Pr. I, 1073). 

La paroisse de Saint-Mayeux possédait jadis deux succursales : Caurel et Saint-Gilles-Vieux-Marché (aujourd'hui Saint-Gilles). Elle appartenait au diocèse de Quimper, dépendait de la subdélégation de Quintin et ressortissait au siège royal de Ploërmel. La cure était à l'alternative. La première municipalité de Saint-Mayeux est élue au début de 1790. Par l'ordonnance du 20 mai 1835, la commune de Saint-Mayeux fait échange de territoire avec celle de Corlay, lui cédant le village de Kernion en contrepartie de l'enclave de Kerfaven.

On rencontre les appellations suivantes : Par. de Sancto Maec (en 1245), Par. de S. Maioco (en 1284), Villa, par. Sancti Maioci (en 1286), Sanctus Maeocus (en 1368), eccl. de S. Maeco (au XIVème siècle), Saint-Maeuc (en 1546), Sainct Meac (en 1535, en 1574), Saint-Meac (en 1631-1679). On rencontre les formes Saint-Mayeuc et Saint-Mayeux dès le XVIIIème siècle.