Bref historique sur les courses
(Sources: revue du Conseil Général)
C'est l’Angleterre qui la première a compris, très tôt, que les courses pouvaient être un élément d’une politique d’élevage. Elles deviennent une institution dès le début du XVIIe siècle. Quand les nobles ne participaient pas à des chasses à courre, ils se lançaient des défis. De ces défis aux courses, il n’y avait qu’un pas. C’est encore un lieutenant anglais qui a lancé les courses avec sulky en 1850. Richard Cœur de Lion (ça vous rappelle vos manuels d’histoire), en soutenant les races orientales, aurait institué sur la lande d’Epsom la toute première course dotée de 40 livres d’or, au XIIe siècle.
La première loi réglementant les courses date de 1512 et le Stud book, répertoire des généalogies toujours en vigueur, du XVIe siècle. Le pur-sang anglais, race créée à partir de chevaux orientaux et de juments anglaises, a vu le jour au XVIIIe siècle.
En France, sous Louis XVI, fut rédigé le premier règlement des courses. Il faut attendre 1776 pour qu’apparaisse le premier hippodrome et les courses définitivement officialisées par un décret de Napoléon 1er, en août 1805.
Le Selle Français qui regroupe les anciennes appellations demi-sang, est le fruit d’une sélection qui a connu deux grandes mutations.
La première, en 1914, avec le croisement d’étalons pur-sang avec les juments autochtones.

La deuxième, en 1958, avec les anglo-arabes du Sud-Ouest. Les selles français s’illustrent aujourd’hui dans les courses pour AQPS, autres que pur-sang. ¡
Le bidet breton, une race résistante
Il sera conçu par les éleveurs corlaysiens qui intelligemment croiseront le cheval local avec le Norfolk. En 1813, les courses, qui sont en plein déclin, seront même rétrogradées.
D’autres y voient la conséquence de la crise de l’empire napoléonien et de l’augmentation des réquisitions “qu’exigent” les guerres qui n’en finissent pas. La politique de prestige et la réhabilitation des haras voulues par Napoléon n’a pas suffi à endiguer la raréfaction des chevaux. Les courses ne reprendront qu’en 1819. Mais cette fois les engagements sont limités. Seuls y ont accès les chevaux nés ou au moins élevés dans l’arrondissement nouvellement créé qui regroupe les cinq départements bretons. Du coup, le phénomène repart. De 1819 à 1832, ce sont parfois jusqu’à 68 chevaux qui courent.
Le cheval breton fait partie du patrimoine de la Bretagne, et à Corlay on disait encore il n’y a pas si longtemps: “le cheval est une passion que le jeune Corlaysien suce avec son lait”.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les foires vont se multiplier.
Et la remonte militaire fait naître des espoirs chez les éleveurs.
De plus, les éleveurs s’acharnent à améliorer la race en améliorant la qualité du sol par apport de chaux. Le site de Cartravers est mis à contribution.
En parallèle, les Bretons se prennent de passion pour les courses de chevaux. C’est le cas à Corlay.
Cela se voit au montant des paris engagés sans doute moins conséquents qu’ailleurs. C’est la fête, quoi ! Les jockeys n’y sont pas pour rien. Parmi eux, Fanchick est bien connu. Il a passé sa jeunesse près de Corlay où son père est éleveur de trotteurs. Une chute grave l’a laissé une nuit entière dans le coma. Tour à tour soigneur et entraîneur chez les propriétaires du coin comme Eugène le Chaux, il finira sa carrière en beauté par une belle victoire au Petit Paris en 1946. Il a 66 ans et a pris le départ d’un 1200 m sur Maritza, une jument qui appartenait à Joseph le Denmat.
Les courses jouent un rôle dans l’amélioration des races mais par-dessus tout elles offrent un spectacle à des milliers de curieux.
