Les Fours a chaux de Cartravers

Usine de chaux de la Société des fours à chaux de Cartravers

Ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne / Service Régional de l'Inventaire). Enquêteur(s) : Gasnier Marina (c) Inventaire général, 2003.

Désignation: usine de chaux

Source d'énergie : énergie thermique ; produite sur place ; énergie électrique ; achetée
Appellation et titre : usine de chaux de la Société des fours à chaux de Cartravers
Titre courant : Usine de chaux de la Société des fours à chaux de Cartravers
Partie(s) contituante(s) : atelier de fabrication ; four industriel ; excavation ; cantine ; logement patronal ; entrepôt industriel

Précisions sur la localisation

Région : Bretagne  Département : Côtes d'Armor
Commune : La Harmoye Numéro INSEE de la commune : 22073   Canton : Ploeuc-sur-Lié
Lieu-dit : Cartravers   Milieu d'implantation : isolé

Eléments de description

Matériau(x) du gros-oeuvre et mise en oeuvre : schiste ; granite ; moellon ; enduit
Parti de plan : plan rectangulaire régulier
Vaisseau et étage : 1 étage carré ; comble à surcroît
Type de la couverture : toit à longs pans ; croupe
Commentaire descriptif : Les deux fours à chaux subsistant sur le site datent de l'importante campagne de construction des années 1880. Ils sont compris dans un massif rectangulaire édifié en moellons de granite ; les deux voûtes de service donnent sur le quai de chargement. A proximité, subsiste l'ancienne cantine bâtie dans les mêmes matériaux, avec un étage carré. De l'autre côté de la route, se situent l'ancien café, restauré en maison, et le logement patronal reconstruit dans la première moitié du 20e siècle. Recouvert d'enduit, il s'organise en deux corps de bâtiment situés dans le même prolongement, l'un compte un étage de comble à surcroît, et l'autre un étage carré supplémentaire ; ils sont couverts d'une toiture à longs pans en ardoises. Les lucarnes à demi-croupes débordantes sont délicatement ornées d'éléments décoratifs en bois empruntés au répertoire de l'architecture balnéaire.
Etat de conservation : établissement industriel désaffecté

Eléments d'historique

Datation(s) principale(s) : 1er quart 19e siècle ; 2e quart 19e siècle ; 3e quart 19e siècle ; 4e quart 19e siècle ; 1er quart 20e siècle ; 2e quart 20e siècle ; 3e quart 20e siècle
Datation(s) en années : 1861 ; 1871 ; 1877 ; 1880 ; 1882 ; 1906 ; 1964
Justification de la (des) datation(s) : daté par source ; daté par travaux historiques ; daté par tradition orale
Commentaire historique : Le calcaire de Cartravers est exploité en carrière à ciel ouvert dès le 17e siècle et est utilisé comme adjuvant pour la fusion du minerai dans les hauts fourneaux des Salles à Perret (56), du Pas à Plémet (22) et du Vaublanc à Saint-Launeuc (22). Plusieurs fours à chaux se succéderont sur ce site de Cartravers dont les deux premiers sont attestés au tout début du 19e siècle, puis reconstruits vers 1827 avant de laisser la place à de nouveaux massifs. Au milieu du 19e siècle, le propriétaire foncier Jean-Marie Allenou possède deux fours à chaux dont l'édification de l'un d'entre eux s'achève en 1861, le second étant restauré et agrandi en 1871 ; tous deux seront démolis en 1883. Le 7 septembre 1868, le maire de la commune déclare que ces fours procurent du travail à un grand nombre d'ouvriers et de voituriers et constituent un véritable bienfait pour l'agriculture de la contrée. En plus de la castine destinée à être employée comme adjuvant, l'usine produit en effet de la chaux grasse pour le chaulage des terres agricoles, mais aussi de la chaux hydraulique utilisée dans la construction. En 1874, un rapport de l'ingénieur des mines précise que la carrière de calcaire est divisée en deux parties, l'une étant exploitée par J.-M. Allenou pour son usine du Pas, et l'autre par Victor Méheut, locataire et exploitant de l'usine de chaux de Cartravers. L'année 1880 correspond à une importante campagne de construction avec la mise en place d'un nouveau four à proximité duquel sont bâtis un magasin, un bureau et un magasin à chaux. V. Méheut fait édifier un logement patronal en 1877 et encore un nouveau four en 1882. Il s'agit, comme le précédent, d'un four à chaux permanent, chauffé à l'anthracite. Une lettre adressée au préfet précise que ce nouveau four est destiné à fonctionner six à huit mois de l'année, en alternance avec le premier, durant les périodes de réparation. L'établissement de ces fours (toujours en place), dont la hauteur atteint 13 m, est lié à l'accroissement de la consommation en chaux grasse par les cultivateurs locaux, pour l'amendement de leurs terres, "consommation qui augmente un peu tous les ans, mais qui, à cause du mauvais état des chemins est bien loin d'approcher celle des autres pays". En 1885, le propriétaire foncier devient Louis-Henri de Janzé, à qui succède son fils Albert-Henri en 1902. En 1906, un bâtiment destiné à abriter la machine à vapeur est édifié sur le site, ainsi qu'un monte charge Decauville. En 1914, une société en commandite par actions est formée et porte la dénomination Société des fours à chaux de Cartravers, et la raison sociale Méheut et Cie. Le bureau et la salle des machines sont supprimés en 1920, tandis que le magasin à chaux est démoli neuf ans plus tard. Après avoir été détruit à son tour en 1936, le logement patronal est reconstruit. La carrière de calcaire, vaste excavation mesurant 500 m de longueur, se situe juste au nord des fours. Avant la généralisation de la motorisation, les wagonnets de pierres brutes étaient hissés par des chevaux du fond de la carrière jusqu'au sommet des fours sur une voie ferrée en forte de pente. Ces chevaux étaient également chargés d'acheminer le charbon pris en gare de Cartravers (ligne Saint-Brieuc-Rostrenen-Carhaix), de même que d'y livrer les pierres cuites destinées au commerce. La chaux, utilisée dans un rayon de 30 à 40 km, était enlevée directement par les agriculteurs avec leurs propres attelages ou transportée par camion. Pour assurer cette force de traction, l'entreprise possédait ses propres écuries avec sept à huit chevaux, ainsi que le harnachement adapté. Malgré une modernisation importante survenue en 1964, l'usine de chaux cesse de fonctionner en 1978. L'excavation de la carrière, emplie d'eau, a ensuite été utilisée comme pisciculture. Le 12 février 1903, le chaufournier déclare une chaudière à vapeur de forme cylindrique à deux bouilleurs, timbrée à 5 kg ; elle provient de Saint-Pierre-la-Cour (53). En 1909, une seconde chaudière à vapeur, timbrée à 7 kg, est destinée à actionner une perforatrice. En 1874, la carrière de calcaire emploie quinze ouvriers.

Statut juridique

Statut de la propriété : propriété privée

Intérêt et protection

Nature de la protection MH : édifice non protégé MH

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